Enquête parlementaire sur le Chlordécone : Quatre ministres prochainement auditionnés

Enquête parlementaire sur le Chlordécone : Quatre ministres prochainement auditionnés

Rédigé le 08/10/2019
J.-T

Les députés Josette Manin, Hélène Vainqueur-Christophe et Serge Letchimy lors de la création de la commission d’enquête ©Twitter (Archives)

La commission d’enquête parlementaire sur la pollution au chlordécone, un pesticide dangereux longtemps utilisé dans les bananeraies aux Antilles, auditionnera quatre ministres à partir du 14 octobre, a annoncé lundi 7 octobre la rapporteur de la commission, la députée de Guadeloupe Justine Bénin (LREM).

Les ministres de la Santé Agnès Buzyn et de la Recherche Frédérique Vidal seront entendues le 14, leur homologue des Outre-mer Annick Girardin le 15 et le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume le 17. Les premières auditions avaient eu lieu en juillet dernier.

La commission d’enquête, chargée d’examiner les conséquences sanitaires, environnementales et économiques du chlordécone et du paraquat, un autre pesticide dangereux également utilisé, a entamé ses travaux au mois de juillet. Elle doit aussi étudier « les responsabilités publiques et privées » dans la prolongation de l’autorisation de ces produits sur les deux territoires, et évaluer « la nécessité et les modalités d’une indemnisation des préjudices ».

Le chlordécone, utilisé pour lutter contre un charançon de la banane, a été interdit aux États-Unis dès 1975 car classé comme « cancérigène possible ». Aux Antilles, il a été épandu jusqu’en 1993 en vertu d’une dérogation gouvernementale. Il est suspecté d’être à l’origine de cancers de la prostate, très nombreux aux Antilles, alors que 95 % des Guadeloupéens et 92 % des Martiniquais sont contaminés par ce produit, selon une enquête de Santé Publique France, publiée en 2018.

La Commission d’enquête parlementaire, qui doit rendre son rapport début décembre, a déjà auditionné les agences sanitaires, les administrations et services de l’État, ainsi que les experts scientifiques. Une délégation s’est aussi rendue en Martinique et en Guadeloupe en octobre, et a notamment auditionné des agriculteurs, des pêcheurs, des associations de citoyens et des services de l’État sur place.

Avec AFP.