Jacques Chirac, « Homme d’État » à la recherche sincère de « l’intérêt général » assure le préfet Jean-Jacques Brot

Jacques Chirac, « Homme d’État » à la recherche sincère de « l’intérêt général » assure le préfet Jean-Jacques Brot

Rédigé le 27/09/2019
J.-T

Jean-Jacques Brot, ancien conseiller diplomatique au Pacifique sud à Papeete, ancien préfet de Mayotte et de Guadeloupe, ancien Haut-Commissaire en Nouvelle-Calédonie et surtout, ancien collaborateur du Président Jacques Chirac, ancien préfet de Mayotte, Jean-Jacques Brot, actuel préfet des Yvelines rend « hommage à l’esprit de service que cet homme d’État, conscient de ses devoirs, insufflait à son équipe ».

Ancien collaborateur du Président Jacques Chirac à l’Élysée de 1999 à 2002, je voudrais rendre hommage à l’esprit de service que cet homme d’État, conscient de ses devoirs, insufflait à son équipe.

Homme d’État au sens où il cherchait sincèrement l’intérêt général, admettant les discussions et les objections, mais tranchant et assumant.

Animateur ardent d’une politique étrangère gaulliste, il y subordonnait les autres fonctions régaliennes, avec une dilection particulière pour les Armées.

Chef d’État digne, droit, équitable, ami des grands comme des humbles, des petits d’abord, il s’inscrivait dans une tradition française, capétienne et gaullienne, qui oblige à servir avec panache parce que l’on incarne la France, mais en s’efforçant de n’oublier aucun Français, et spécialement les Français d’Outre-Mer, placés au premier rang dans son cœur, comme les Corréziens et les Parisiens !

Homme d’État, mais pas d’un appareil oppressant ou tatillon : il connaissait trop bien tous les rouages des administrations civiles, militaires, ou des collectivités locales pour ne pas veiller à leur bienveillant contrôle par le politique. Sceptique face à la technocratie, mais respectueux des fonctionnaires et, toujours, attaché à l’état républicain efficace forgé par la république gaullienne.

Et pour nous tous, toujours, comme un vrai chef, il « assumait », il « cheffait », et nous l’aimions !

Bernadette et Jacques Chirac, accompagnés par la secrétaire d'État à l'Outre-mer Brigitte Girardin, en Polynésie en 2003 ©Archives / AFP

Bernadette et Jacques Chirac, accompagnés par la Ministre de l’Outre-mer Brigitte Girardin, en Polynésie en 2003 ©Archives / AFP

Exemple de proximité et de dignité, d’attention à la moindre question et de compréhension lumineuse et méditée des enjeux de la dissuasion nucléaire comme du multilatéralisme diplomatique, Jacques Chirac incarnait vraiment la continuité historique des grands chefs dont le courage, le sens des responsabilités, l’amour passionnée de la France et des Français et la prescience permanente de ce qui est « convenable », font qu’on espère être leur disciple….

Mais on ne peut détacher l’être et l’action du chef en le détachant du couple singulier et pittoresque qu’il forme avec Bernadette Chirac. « Je suis son point fixe » disait Madame Chirac. Et pas seulement. Plutôt un couple en communion bouillonnante au plan de l’action politique, et en communion souffrante, du point de vue de la vie familiale.

Mais avec toujours la priorité au service, service de l’État, service des autres, service scrupuleux des proches, des entourages et des malheureux.

Bref, une idée certaine de la France, donc de son État, considéré comme une « machine » respectée, mais pas une fin en soi.

Enfin, je veux témoigner de la vigilance pour l’Outre-Mer de Jacques Chirac, du bonheur palpable d’incarner aussi la France dans toutes ses singularités, graves ou merveilleuses, et sa prodigieuse histoire.

Jean-Jacques Brot. 

Portrait2 Préfet Brot 13avril 2018 - copie