Santé dans la Caraïbe: La drépanocytose dépistée et traitée dès la naissance à Grenade et Antigua-et-Barbuda

Santé dans la Caraïbe: La drépanocytose dépistée et traitée dès la naissance à Grenade et Antigua-et-Barbuda

Rédigé le 07/08/2019
Eline Ulysse

L’Organisation des États des Caraïbes orientales (OECO), basée à Sainte-Lucie, a annoncé lundi que les bébés nés à la Grenade et à Antigua-Barbuda devaient bénéficier d’un nouveau projet de dépistage de la drépanocytose qui permettra de dépister la maladie dès la naissance.

Le dépistage néonatal de la drépanocytose fait partie du projet INTERREG CARES, qui vise à renforcer la collaboration dans le secteur de la santé entre les Caraïbes orientales et les membres associés français de l’OECO, à savoir la Martinique et la Guadeloupe. Une délégation d’experts médicaux du réseau caribéen de chercheurs sur la drépanocytose (réseau CAREST) et du CHU de Guadeloupe a récemment effectué deux missions techniques à la Grenade et à Antigua-et-Barbuda.

Cette coopération médicale entre ces différents pays de la Caraïbe a permis de fournir les capacités techniques permettant aux praticiens d’effectuer l’extraction d’échantillons sur des nouveaux-nés à la Grenade; définir les méthodes de transport de ces échantillons vers l’hôpital universitaire de Guadeloupe ainsi que la transmission des résultats de l’analyse aux cliniciens de la Grenade et d’Antigua-et-Barbuda; et d’assurer la continuité du dépistage de la drépanocytose après la fermeture d’INTERREG CARES prévue en décembre 2020.

Maladie génétique la plus répandue

Pour rappel, la drépanocytose est la maladie génétique la plus répandue dans le monde et dans les Caraïbes en particulier. En France, le dépistage néonatal de la drépanocytose est effectué depuis 2000 de façon systématique dans tous les départements d’Outre-mer. Il reste en revanche ciblé en France hexagonale où il concerne les nouveaux-nés de parents originaires de régions à risque.

Le Dr George Mitchell, médecin en chef à la Grenade, a déclaré que «ce projet a rajeuni notre programme de dépistage et ravivé notre gestion des patients drépanocytaires, ainsi que notre priorité accordée à la drépanocytose, qui est importante pour notre population», a déclaré Dr George Mitchell, médecin en chef à la Grenade. «En effet, la détection précoce de la drépanocytose associée à des soins médicaux appropriés peut améliorer la qualité de vie et l’espérance de vie des patients», a-t-il ajouté.

Programme de formations

La présidente du réseau CAREST, Marie-Dominique Hardy-Dessources, a pour sa part souligné que « le dépistage des nouveaux-nés pouvait être poursuivi au moyen de tests rapides mis à disposition dans les établissements de santé de la Grenade et d’Antigua-et-Barbuda.. Le dépistage précoce de la maladie associé à une prise en charge médicale adaptée permet d’améliorer la qualité et l’espérance de vie des patients »

La Commission de l’OECO a déclaré que les experts des deux pays de l’OECO bénéficieraient également d’une formation pour faciliter l’utilisation des tests, la performance des ultrasons transcrâniens Doppler et la détection du risque d’accidents cardiovasculaires chez les enfants atteints de drépanocytose.

Le projet INTERREG CARES

Le projet INTERREG CARES (Cooperation, Accessibility, Referrals, E-information System) est porté par l’Agence Régionale de Santé de Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélémy, (chef de file du projet), en partenariat avec l’Organisation des Etats de la Caraïbe orientale et les acteurs de la santé de Guadeloupe et de Martinique.

Six états membres sont également partenaires du projet : Sainte-Lucie, la Dominique, la Grenade, Saint-Vincent et les Grenadines, Antigue et Barbude, les Iles Vierges britanniques, Anguille, Montserrat.

Lancé en 2018, le projet INTERREG CARES totalise un budget de 5 millions d’euros. Il vise à mieux structurer la collaboration dans le domaine de la santé entre les états de la Caraïbe. INTERREG CARES se décline en 17 projets ciblés dans plusieurs domaines médicaux tels que la télémédecine, le dépistage précoce du cancer, notamment par de nouvelles technologies telles que le Tep Scan, le dépistage de la drépanocytose et du VIH, la chirurgie orthopédique, la chirurgie pédiatrique, la cardiologie, l’ophtalmologie, l’accès aux laboratoires, la prise en charge des personnes âgées ou encore les urgences. Les 17 projets devront être finalisés en décembre 2020.