Le Cirad lance une alliance pour faire face aux menaces pesant sur la banane

Le Cirad lance une alliance pour faire face aux menaces pesant sur la banane

Rédigé le 10/02/2020
J.-T

Le Cirad a lancé le 6 février 2020 au Salon Fruit Logistica à Berlin la World Musa Alliance visant « à rassembler le maximum d’acteurs pour faire émerger rapidement des solutions face aux menaces qui pèsent sur la production mondiale de banane ».

Parmi ces menaces, la fusariose TR4, « maladie arrivée très récemment en Amérique latine, d’où partent 80 % des exportations mondiales de banane dessert », indique le Cirad dans un communiqué. Cette maladie est déjà présente en Asie du Sud-Est, sur une partie du Proche-Orient et au Mozambique. « Causée par un champignon du sol, elle cause d’importantes pertes de rendement. La Cavendish, le groupe variétal qui domine depuis des décennies les filières d’exportation, y est particulièrement sensible. Face aux potentiels impacts économiques et sociaux de cette maladie, le Cirad propose d’agir à la fois sur la diversité des variétés et sur les pratiques agricoles pour la contenir, au sein d’une alliance mondiale », indique encore le Cirad.

Cette alliance s’est fixée comme objectifs de produire les connaissances nécessaires au développement de nouvelles variétés et de systèmes de production, ainsi que de créer des variétés résistantes à la TR4. L’une des pistes envisagées est notamment de diversifier les variétés. « Le « tout Cavendish » montre ses limites : la variété utilisée partout actuellement est extrêmement sensible à la fusariose TR4. Pour éviter de reproduire le schéma du Gros Michel, qui était le groupe variétal dominant avant qu’il ne succombe à la fusariose de race 1 dans les années 1960, le Cirad propose d’introduire de la diversité génétique dans la filière d’exportation ».

« Mais l’amélioration génétique du bananier, qui est d’une extrême complexité, ne suffira pas à sécuriser la filière. La lutte contre la maladie passe aussi par le développement de systèmes de culture adaptés. Enfin, c’est aussi l’opportunité de revisiter les systèmes de production avec comme objectifs d’augmenter leur biodiversité et de réduire l’utilisation de pesticides ». Les premiers signataires du document proposeront dans les prochains mois les principes de fonctionnement de cette initiative, sa gouvernance et son mode de financement.